Nord-ouest australien : un road trip unique ponctué d’aventures

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Nord-ouest australien
Un road trip à cinq pour découvrir le Western Australia

Le road trip… Un voyage mythique que nous avions déjà entrepris mes amis et moi. Encore une nouvelle route que nous allions sillonner avec son lot de découvertes, de joies et d’encombres. Après le sud du Western Australia, nous quittons Perth pour conquérir le Nord-ouest australien !

Parce que nous n’en sommes pas à notre premier trajet, nous avons déjà tout le matériel nécessaire : porte-bagage sur le toit, outils de camping, nourriture, guide Camps (indispensable en road trip), etc. Seul changement important : les roues. Autant vous dire que faire le Nord-ouest australien en 4×4 avec de mauvais pneus, c’est un peu comme du patin à glace sans les patins : dangereux et franchement inutile !

Ce matin là, nous quittons donc Perth la géante, la citadine, la moderne. Nous quittons la ville et ses buildings pour retrouver les paysages immenses, sauvages et déserts. Le plein est fait, la voiture est en forme et nous sommes, comme à chaque départ, excités et heureux.

The Pinnacles : une armée de rochers

Situé dans le Parc National de Nambung, le désert des Pinnacles se dresse devant nous telle une terre martienne avec une multitude de roches calcaires surgissant du sol. Ces étranges monolithes aux formes étonnantes forment un paysage presque irréel dont la couleur jaune dorée contraste avec le bleu du ciel. Préférant faire la balade à pied plutôt qu’en voiture, nous avançons un peu à l’aveuglette en nous repérant à l’aide des panneaux. Une fois passés les quelques groupes de touristes, nous pouvons enfin apprécier ce lieu unique, toucher ces immenses cailloux vieux de plusieurs milliers d’années et sentir l’énergie qui s’en dégage. Une fois la longue ballade terminée, c’est reparti pour un tour !

Nord-ouest australien
Les Pinnacles, paysage étrange digne d’une autre planète

Le soir, nous dormirons dans un campement gratuit repéré sur notre précieux guide Camps. Nous arrivons un peu avant la tombée de la nuit. À peine le temps de planter la tente, de mettre l’eau à chauffer que la nuit tombe déjà. Parmi nos mets de base du backpacker : les noodles (nouilles chinoises) que l’on déguste en soupe ou comme des pâtes normales, les spaghettis au thon (source de grande joie quand les noodles deviennent trop déprimantes), les raviolis, les sandwiches le midi, etc.
Après quelques discussions et commentaires sur cette première journée de road trip dans le Nord-ouest australien, chacun retourne à se tente ou à sa voiture pour se coucher. Les heures de route et la longue marche nous ont complètement cassés et nous ne sommes pas encore habitués au rythme du voyage.

Kalbarri National Park : aventuriers en herbe

Lorsque nous arrivons à Kalbarri National Park, incontournable du Nord-ouest australien, il fait très chaud malgré l’heure matinale et les trois véhicules sont déjà plongés dans un nuage de poussière rouge. Les petites vaguelettes sur la route de terre qui donnent l’impression que la voiture est sur vibreur ? Voilà ce que l’on appelle les « corrugations ».

Nord-ouest australien
Kalbarri National Park

À peine garés, nous enfilons chaussures de marche, casquette et lunettes de soleil, sans oublier les appareils photos. Les deux photographes de notre groupe ont embarqué le trépied et les objectifs, bien déterminés à prendre les clichés du siècle. Nous nous engageons donc sur le chemin et par chance il n’y a presque personne. Nous avançons jusqu’à un point où nous surplombons le canyon. Le paysage est somptueux, époustouflant. Des roches de chaque côté et tout en bas une rivière qui donne franchement envie avec cette chaleur.

Nous décidons donc de prendre la longue marche qui permet d’y accéder. D’après les panneaux, le chemin n’est pas facile et demande une bonne condition physique : exactement ce qu’il nous fallait ! Nous commençons donc la descente chaotique. Des rochers à escalader, une branche à attraper, une échelle fixée dans la pierre, un passage étroit entre deux falaises, etc. On s’arrête à certains endroits où la roche prend des couleurs irréelles, dégradé de blanc, de rose, de rouge et d’orange, comme une sculpture façonnée par le temps.

Kalbarri National Park
Kalbarri National Park

Arrivés en bas, on s’assoit près de la rivière, on trempe les pieds, mais pas de folie même si ce n’est pas l’envie qui nous manque ! Cependant il faut comprendre que nous sommes en Australie, impossible de ne pas penser au risque des crocodiles. Séance goûter, photos et c’est parti pour la remontée.

Shark Bay, plages et dauphins dans le Nord-ouest australien

Après un ou deux jours de routes ponctués de haltes ici et là, nous arrivons enfin à Monkey Mia. Il s’agit d’un lieu très touristique dans le Nord-ouest australien car, outre sa beauté, on peut y admirer des dauphins dans leur environnement naturel. N’étant pas fan des parcs aquatiques, je suis particulièrement heureuse à l’idée de me dire que je vais sûrement réaliser un de mes rêves.
Il faut se lever tôt le matin et attendre sur la plage que les dauphins arrivent. Le groupe de mammifères semble avoir ses petites habitudes ! Ils viennent puis se font offrir du poisson (juste ce qu’il leur faut) par quelques touristes choisis au hasard et par les spécialistes qui les étudient sur place.

Nord-ouest australien
Shark bay Monkey Mia Australia

Nous attendons sur le sable, à l’affût d’un aileron, d’un mouvement, d’un signe. Et c’est là qu’ils arrivent, discrètement, sans saut à la Flipper (le dauphin australien sait se tenir !). Nous avançons dans l’eau, à hauteur des genoux et formons une ligne. Face à nous, l’expert en question explique le fonctionnement des dauphins pendant que ces somptueuses créatures nagent à seulement quelques centimètres. Attention, hors de question de les toucher car ils ne sont pas fait pour ça et nous apprécions ce respect vis à vis de l’animal. Au moment de choisir qui va pouvoir les nourrir, mes compagnons me poussent devant et me montrent du doigt en sachant combien j’en rêve. Un geste dont je les remercie encore. Vous n’imaginez pas à quel point donner un simple poisson peut rendre heureux !

Dauphins dans leur milieu naturel à Monkey Mia
Dauphins dans leur milieu naturel à Monkey Mia

Ce soir, nous passerons la nuit sur une plage déserte avec pour seul toit une nuée d’étoiles. Nous installons les véhicules et la tente en carré avant de partir chercher du bois pour le feu. Au dîner, nous essayons de faire les plans pour Carnavon, la prochaine destination où nous projetons de rester pour travailler. Une fois le programme établi, jeu de cartes et crapahutage sur le rocher qui surplombe la mer pour admirer le ciel. Nous nous endormons ensuite avec pour berceuse le bruit des vagues qui s’échouent sur le sable.

Carnavon, la pose travail… Sans le travail !

Nous avons décidé de rester quelques jours à Carnavon pour essayer de trouver du travail dans le fruit picking. Au premier abord, aucun de nous n’est emballé. La ville n’a, à nos yeux, rien d’accueillant, et pour être honnête, nous ne pensons qu’à repartir pour continuer ce voyager dans le Nord-ouest australien.

Nous posons voitures et tentes dans un camping, puis nous partons à la conquête des fermes alentours. Après une dizaine de refus, nous commençons à perdre le peu de motivation que nous avions. Nous restons deux jours avant de finalement décider de repartir, voyant qu’il n’y a pas de travail disponible. C’est aussi l’inconvénient d’être à plusieurs, car il faut trouver un endroit qui accepte de tous nous prendre. Après longue réflexion et avec les économies faites à Perth, nous pouvons nous permettre de continuer. Nous reprenons donc la route.

Exmouth : paradis et requins-baleines

Exmouth, c’est cette pointe tout en haut de la côte du Nord-ouest australien. Une petite ville réputée pour ses deux parcs nationaux et son récif de corail. Première chose, direction le point d’information pour trouver un camping car nous avons vraiment envie de rester quelques jours. Deuxième chose, essayer de booker un tour de plongée avec des requins-baleines. Malheureusement, cela semble mal parti car c’est la fin de la saison. Les chances de voir ces animaux sont plutôt minces. La personne de l’accueil nous propose alors une excursion à moitié prix, sans garantie de voir les requins-baleines. À AU$150 au lieu de AU$300, nous acceptons sans hésiter !

La belle plage d'Exmouth
La belle plage d’Exmouth

Nous arrivons un peu avant la tombée de la nuit et de nombreux kangourous pointent déjà le bout de leur nez. Le camping est situé à quelques kilomètres à peine des grandes plages sauvages. Le soir, nous rencontrons des backpackers qui ne tarissent pas d’éloges sur les lieux. Un couple de canadiens nous raconte même qu’ils sont là depuis plusieurs semaines, vivant apparemment d’amour et d’eau fraîche. Il faut dire que l’endroit est incroyablement paisible, le campement très bien tenu et l’ambiance chaleureuse.

Le soir, tous les voyageurs se retrouvent autour des barbecues et des grandes tables en bois de la cuisine pour raconter leurs aventures et échanger sur leurs différentes expériences. C’est là qu’on réalise à quel point il est facile de discuter avec les gens, à quel point chacun vit son voyage à sa façon, tout en partageant la même soif de pousser encore plus loin.

Nous passons la première journée à la plage : sable d’un blanc immaculé, eau turquoise transparente et surtout personne d’autre que nous, si ce n’est 4 ou 5 personnes sur des kilomètres de nature. Nous prenons masques et tubas pour explorer le récif de corail. L’eau a beau être froide, impossible de ne pas plonger tant il y a de choses à voir dessous. Des poissons multicolores, des tortues, des coraux, etc. En fin d’après-midi, on s’offre une grande marche dans le parc national. Faire une randonnée en tongs : check ! À refaire ? Non merci, on pensera aux chaussures la prochaine fois (baroudeurs du dimanche) !

Le lendemain, c’est jour de plongée, la vraie cette fois. Nous avons le ventre noué, partagés entre la peur et l’excitation face au programme qui nous attend. Sur le bateau, notre groupe et les autres touristes sont en maillot avec masque, palmes et tuba à portée de main. Une fois le récif passé, je découvre avec regret que j’ai le mal de mer. Les vagues hautes et ma voisine qui rend son déjeuner par dessus bord n’aident évidemment pas. Inspiration… Expiration.

Les Requins Baleine sont fréquents dans les eaux de Shark Bay
Les Requins Baleine sont fréquents dans les eaux de Shark Bay

Les responsables guettent les requins baleines. Quand le premier semble se montrer, ils doivent d’abord plonger afin de vérifier qu’il s’agit bien d’un requin baleine et pas d’un grand blanc par exemple. En attendant, on a le droit à un petit briefing : lorsque nous plongerons, interdiction de s’approcher de l’animal à moins de 3 m ou d’essayer de le chevaucher. Il est dans son élément et il faut le déranger le moins possible. Question de respect de l’animal et de sécurité pour le groupe.

Une fois repéré, nous avons la confirmation qu’il s’agit bien d’un requin baleine : « Go go go ! » Et là nous y allons par groupe de 10 en file indienne. Je plonge dans l’eau sans même sentir le froid, sans penser aux autres bêtes qui rodent, car mon esprit reste focalisé sur l’animal que j’aperçois devant moi. Il faut battre des pieds pour le suivre car il ne nous attend pas. Une fois arrivée à sa hauteur avec les autres du groupe, nous nageons à côté en le fixant de nos yeux ébahis. Il mesure environ 16 m, gris foncé avec de jolies taches blanches. Immense, calme et majestueux. Ma seule pensée pendant toute la plongée : « Tu es en train de voir un requin baleine, tu es en train de voir un requin baleine ! ».

Au bout de quelques minutes, il plonge dans les abîmes, certainement lassé de notre compagnie. Nous remontons sur le bateau, en attendant le prochain tour s’il y en a un, et en piaillant pour tenter d’exprimer nos premières impressions.

Par chance, alors que nous n’étions même pas sûrs d’en voir un, nous avons nagé avec deux requins baleines cet après-midi. Sur le retour, un miracle de plus : une baleine et son baleineau font surface avant de sonder le noir de l’océan. C’est apparemment la journée de toutes les beautés ! Une journée absolument inoubliable.

Nous passons la fin d’après-midi au phare qui domine la côte, à observer les baleines au loin, tout en repensant à cette extraordinaire plongée.

Après quelques jours passés à Exmouth, nous reprendrons la route avec une pointe de regret mais prêts pour un nouveau périple en direction de Broome, dans le nord.

Parmi tout ce que nous avons vu du Nord-ouest australien, ceci n’est qu’un bref récit car il faudrait des pages pour tout raconter. Si je devais résumer le road trip, je parlerais de la route et des centaines de kilomètres par jour. Mais ce que l’on retient finalement, c’est ce bonheur, cette sensation unique de se lever chaque matin en sachant que la journée ne sera que découvertes de lieux, de personnages et d’animaux. Une journée ponctuée de surprises, souvent bonnes, parfois moins, mais peu importe, car l’essentiel c’est d’avancer encore et toujours.

2 Commentaires

  1. Techniquement ce n’est pas le Nord-Ouest que tu as visité, c’est l’Ouest. Ce qu’on appelle Nord-Ouest Australien c’est les Kimberleys, entre Broome et Darwin. Il y a aussi quelques imprécisions ou erreurs : il n’y a qu’un seul parc national du côté d’Exmouth, et c’est Cape Range, qui regroupe les canyons et les plages. Ningaloo Marine Park n’a pas l’appellation de « national ». Enfin, à Kalbarri aucune chance de trouver des crocos. Il n’y a pas de crocodiles au Sud de Broome. Dommage que vous ayez fait la balade du Z-Bend, c’est plutôt l’autre, après Nature’s Window (sobrement nommée « the loop ») qui est nettement plus intéressante.