Le Didjeridoo, le son de l’Australie

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Kakadu
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L‘instrument le plus célèbre est sans conteste, le fameux didjeridoo. Les premiers colons avaient l’impression d’entendre les Aborigènes prononcer le mot « DIDJE-RIDOO, DIDJE-RIDOO » à l’infini, lorsqu’ils jouaient de cet instrument, d’où son nom international. Selon les coins, il s’appelle en réalité Kanbi, Ihambilbilg, Yaraki...

Le didjeridoo est donc un des instruments traditionnels des Aborigènes (hommes et femmes, sauf dans quelques communautés qui le réservent aux hommes).

Il y a quelques décennies de cela, il était moins répandu : à priori, seuls les Aborigènes du nord en jouaient.

Le didj’ est un petit vieux plein d’expérience : on pense (suite à l’analyse d’une peinture rupestre) qu’il aurait 30 000 ans ! (Pour rappel, Lascaux : 16 000 ans.) C’est aussi un instrument plein d’avenir : des samples de didj’ se glissent un peu partout dans nos bandes sons (celtique, new age, électro, reggae, hindi-pop…), tendez l’oreille !

Sa fabrication

À la base, sa fabrication est due à la nature. Des branches d’arbres et principalement des eucalyptus (plus rarement des bambous) sont évidées par les termites, formant ainsi de longs tubes d’1,50m, légèrement évasés (ils passent d’un diamètre de 5 à 7cm à un diamètre de 10 à 12cm).

didjeridoo

On trouve aussi un didgeridoo de 2,5m utilisé dans les cérémonies de « Djungguwan » où il représente le Serpent Arc-en-ciel, cet instrument étant uniquement réservé à des hommes pleinement initiés.

Dans le bush, après avoir trouvé un eucalyptus qui sonne creux (évitons de faire tomber ces pauvres koalas en tapant trop fort), on l’abat ou on en coupe quelques branches.

 didjeridoo

Après avoir enlevé l’écorce, gratté les galeries de termites et retravaillé l’intérieur du pavillon et l’extérieur de l’embouchure, sonorité de qualité oblige. On le peint… ou non, avec des peintures faites de motifs d’ocre et d’argile utilisant des symboles totémiques et des techniques de peinture sur écorce.

Comment ça marche ?

C‘est un instrument à vent. La technique à acquérir pour en jouer est très complexe : il faut maîtriser la respiration circulaire afin d’être en mesure de produire un flot d’air ininterrompu. Il faut en fait, faire vibrer les lèvres sur l’embouchure du didgeridoo sans tension avec l’air refoulé des poumons et de la bouche, en utilisant simultanément le diaphragme et les joues.

Il produit drones, overtones, squawks, squeaks, qui imitent entre autres choses les cris des animaux.

Autre instrument traditionnel : les clapsticks

Les claves (clapsticks) ou manok en langage maribata sont aussi courantes et par exemple utilisées en complément du didjeridoo dans des chants d’amour lors des cérémonies de mariage. Elles servent parfois de métronome et sont fabriquées à partir d’iron wood. D’environ 50cm pour l’une et 30 cm pour l’autre, elles sont en forme d’écheveau aux bouts arrondis. La nuit, leur son métallique (il s’apparente au son d’un marteau frappant une enclume) est audible à des kilomètres à la ronde.

Dans la culture aborigène, le chant, la musique et la danse sont des moyens de célébrer les mythes de la Création, qui racontent comment les êtres totémiques légendaires ont « écumé » le continent australien au Temps du Rêve (un flux continu, un temps parallèle, en aucun cas séparé du présent), scandant le nom de tout ce qui croisait et croise toujours leur chemin, qu’il s’agisse des oiseaux, des animaux, des plantes ou des formations rocheuses.

didjeridoo

La musique entérine cet attachement viscéral à la Terre, ce qui en fait une puissante force dans la société aborigène.

Le chant quant à lui est pratiqué par le « songman », celui-ci revêt une importance toute particulière ; il est le propriétaire de ses chants rêvés, exerce un contrôle sur leurs interprétations ainsi que sur les danses qui les accompagnent. Pour cela, il doit posséder une bonne voix et une culture musicale étendue, avoir suivi des années d’apprentissage, sous la tutelle de son père ou de son oncle, être capable de nommer vingt de ses prédécesseurs, dont il hérite les chants.

Les bienfaits du didgeridoo, selon les aborigènes

Traditionnellement, on utilisait le didgeridoo pour induire un état de transe chez le chaman (ou « wirinum ») ou sur le joueur lui-même. Il devait purifier et rétablir l’équilibre du champs d’énergie d’un être par la stimulation du chakra et du plan méridien de l’être humain.

Nous vous conseillons quelques sites pour être incollables sur le didgeridoo et les différentes sortes de musiques des aborigènes.

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