Goldfields, la ruée vers l’or dans le Victoria au XIXème siècle

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Située dans les terres intérieures du Victoria, à une centaine de kilomètres au nord-ouest de Melbourne, la région des Goldfields porte bien son nom de « terrains aurifères », puisque c’est sur ces territoires que de l’or a été découvert pour la première fois au XIXème siècle dans cet État australien.

L’histoire de la ruée vers l’or

L’Australie a longtemps été perçue comme un eldorado à l’image du Far West américain, et la découverte d’un nouveau filon d’or provoquait à chaque fois de nouvelles immigrations massives.

La folie de l’or a sévit durant les années 1850 et les nombreux filons ont été découverts dans le Nord du pays, mais aussi et surtout dans le Sud, dans le Victoria, et plus particulièrement dans la région des Goldfields. Durant plusieurs décennies, l’exploitation de cette région a permis de produire plus d’un quart de la production mondiale.

Si aujourd’hui la ruée vers l’or est bel et bien terminée, et que la plupart des mines, ouvertes il y a plus de 150 ans, sont pratiquement épuisées, l’ambiance pittoresque des villes des Goldfields est restée malgré tout inchangée.

Ballarat, la principale cité minière

La ville historique de Ballarat offre un voyage dans le temps à la grande époque de la ruée vers l’or dans le Victoria. C’est ici qu’en 1851, Thomas Hiscock a découvert un vaste filon d’or sur les pentes du mont Buninyong. Un gisement qui s’est avéré être l’un des plus importants au monde, puisqu’en seulement quatre mois d’exploitation, plus de sept tonnes d’or avaient été extraites. Le Victoria a ainsi connu un bel essor puisque la population de l’État est passée de 70.000 à plus de 500.000 habitants en moins de dix ans.

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Cossue, Ballarat dispose de nombreuses villas en pierre, icônes de l’architecture victorienne, de jardins luxuriants et de commerces aux devantures richement décorées qui témoignent encore de l’opulence des meilleures années. Les plus beaux exemples se retrouvent notamment dans le quartier de Lydiard Street.

Cette ancienne cité minière est par ailleurs connue pour être le berceau de la démocratie australienne. En 1854, l’Australie a connu son unique épisode révolutionnaire, baptisé « Eureka Stockade ». Plusieurs centaines de mineurs ont dénoncés les permis obligatoires et les taxes injustes qu’ils subissaient. Sous la pression de l’opinion publique, le gouvernement a ainsi révisé sa position et les mineurs, qui n’avaient alors aucun droit civique, ont notamment obtenu le droit de vote. Une période de lutte qui a profondément marqué l’histoire sociale du pays. Le Museum of Australian Democracy at Eureka permet d’en apprendre davantage sur cet épisode et sur l’histoire des mineurs de Ballarat.

La ville abrite par ailleurs la Ballarat Fine Art Gallery, dont les fonds ont été financés par les mineurs ayant fait fortune. Cette galerie, qui compte plus de 6.000 œuvres de l’époque coloniale australienne jusqu’à aujourd’hui, expose notamment l’« Eureka Flag », le drapeau des mineurs révoltés de 1854.

Bendigo, sur les traces des pionniers chinois, américains et irlandais

Comme Ballarat, Bendigo fait partie des villes minières qui ont permis de façonner la région des Goldfields et qui conservent de cette époque un riche patrimoine victorien. En 1851, deux femmes de bergers, Margaret Kennedy et Julia Farrell, ont découvert de l’or dans le fond d’un ruisseau. Le site s’est alors révélé providentiel et a rapidement été envahi par plusieurs centaines de chercheurs d’or et notamment de nombreux pionniers chinois, américains et irlandais.

La ville recèle aujourd’hui un patrimoine architectural exceptionnel issu de ce mélange des cultures. L’une des meilleures façons d’en appréhender la richesse est d’embarquer à bord du Vintage Talking Tram, un tramway d’époque qui sillonne le centre-ville et dont le chauffeur commente les principaux monuments.

La communauté chinoise est par ailleurs très présente à Bendigo. Plusieurs temples et musées, dont l’exposition du Golden Dragon Museum, permettent d’en apprécier l’ampleur et de revenir sur l’histoire de cette communauté à l’époque de la ruée vers l’or dans le Victoria.

À Bendigo, il est aussi possible de marcher sur les traces de ces pionniers chinois, américains et irlandais, en descendant dans un puit de mine, comme celui du Central Deborah Gold Mine, une mine d’or authentique qui fait partie des dernières à avoir fermé.

Sovereign Hill, un musée à ciel ouvert

Situé en périphérie de Ballarat, Sovereign Hill est un ancien réseau de mines de 25 hectares sur lequel a été reconstituée une ville datant de l’épopée de la ruée vers l’or dans les années 1850.

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En déambulant dans les rues de Sovereign Hill, le temps semble suspendu. Il est ainsi possible de croiser de nombreuses personnes en costume d’époque et d’admirer des bâtisses typiques du XIXème siècle. Une forge, une carrosserie, une épicerie ou encore une boulangerie, l’ambiance est plus vraie que nature, et permet d’aller à la rencontre des artisans qualifiés afin de découvrir les méthodes de fabrication d’antan.

À Sovereign Hill, chacun pourra tenter sa chance comme au bon vieux temps en cherchant de l’or à la batée ou encore en réalisant une visite souterraine des mines à bord d’un wagon.

À la tombée de la nuit, le site propose plusieurs spectacles sons et lumières intitulés « Blood On The Southern Cross » qui évoquent notamment les événements historiques d’Eureka Stockade.

Goldfields Track, pour les sportifs

Enfin, la région des Goldfields peut être traversée à pied ou en VTT en longeant le Goldfields Track, un sentier de randonnée long de 210 kilomètres qui relie Ballarat à Bendigo.

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