Bombe atomique Australie

Vous en avez assez des belles plages de sable blanc, des lagons aux eaux cristallines, ou des icônes de l’Australie comme Uluru ou l’Opéra de Sydney prises d’assaut par des hordes de touristes ?

Essayez le tourisme nucléaire et découvrez Maralinga.

Le « charme » de ce petit coin reculé de South Australia dont le nom en aborigène de la tribu Tjarudja signifie Tonnerre ne vous décevra pas, mais il est probable que la curiosité fera rapidement place à l’indignation !

Un peu d’histoire est nécessaire pour mieux apprécier ce lieu qui, sans cet éclairage, ressemblerait comme deux gouttes d’eau (dans un endroit où il en tombe si peu) à n’importe quel endroit dans l’immensité rouge de l’Outback Australien.

Pendant la guerre froide, en 1956, les britanniques ont demandé au gouvernement australien de leur prêter un « petit lopin » de terre  perdu à 488 kms au nord d’Adélaïde pour permettre au royaume de Sa Gracieuse Majesté d’accéder au rang de puissance nucléaire.

Le gouvernement australien pensant peut être en retirer quelques avantages pour sa protection dans ce climat de guerre froide accepta en la personne du premier ministre Robert Menzies.

La zone de tir choisie se trouvait sur les terres ancestrales du peuple Tjarudja. On invita donc ou plutôt on força cette communauté à quitter ses terres pour permettre aux militaires et scientifiques de tester quelques bombes nucléaires comme toute grande puissance qui se respecte.

Entre 1955 et 1963, 12 explosions nucléaires atmosphériques eurent lieu, certaines bombes nucléaires au plutonium étaient de puissance équivalente à celle d’Hiroshima.

Tout occupé à garantir la qualité des tests de l’arsenal nucléaire britannique, la limite de la zone dangereuse ne fut pas assez surveillée et les essais eurent de funestes conséquences sur les aborigènes de la communauté.

Les traditionnels symptômes des irradiés et contaminés bien connus des victimes d’Hiroshima apparurent, rougeurs, diarrhées, vomissements, fièvres et pour un grand nombre en final l’apparition de cancers, de maladies des poumons et des décès jusque dans les années 1980.

Le gouvernement australien tenta à plusieurs reprises de nettoyer le site en 1967, en 2000 et en 2008 sans réussir à le nettoyer parfaitement pour éliminer toute trace de contamination et le rendre dans un état équivalent d’avant les explosions.

Un certain niveau de contamination reste dans les sols et surtout en profondeur. 350 000 mètres cubes de débris ont été retirés et enterrés sur place dans des tranchées.

Copyright : maralingatours.com.au

Les sols contaminés ont été mélangés avec de la terre non contaminée pour faire baisser la concentration de produits radioactifs, des puits en béton ont été creusés pour stocker les produits les plus actifs comme du plutonium. En résumé, un « beau stockage » provisoire en plein milieu de l’Outback sans garanties pour les générations futures.

En Décembre 2009, le gouvernement rétrocéda  Maralinga la terre ancestrale à la tribu Tjarudja en déclarant que la terre était redevenue propice pour camper, reconstruire et même chasser. C’était une première mondiale de rétrocession d’un site de test atomique à ses propriétaire ancestraux après une décontamination que beaucoup considèrent partielle et de surface.

Les Tjarudja reçurent des compensations financières pour la perte et la contamination de leurs terres mais peu pour les irradiations et les problèmes graves de santé induits. A ce jour, seulement cinq personnes ont été indemnisées.

 » Cette décontamination à Maralinga était une décontamination low cost, assez bonne pour des aborigènes pour revenir sur leur terre mais nous ne l’aurions pas accepté pour des non-aborigènes » Alan Parkinson Ingénieur nucléaire.

Enfin, en 2014, la zone centrale de test de 1780 km² fut elle aussi rendue aux Tjarudja. Le ministre de la défense australien déclara sûre et décontaminée la zone de test et même exploitable pour le tourisme.

Ironie de l’histoire, aujourd’hui la zone de test se visite, les Tjarudja espèrent 2000 visiteurs par an dans ce coin si reculé et chargé d’histoire douloureuse pour ce peuple.

Si le coeur vous en dit :  Maralinga Tours