Areva en Australie

Le leader mondial du nucléaire s’apprête à poursuivre en justice le gouvernement australien, qui l’empêche d’ouvrir une mine d’uranium dans le parc national du Kakadu, classé au patrimoine mondial de l’Unesco.

J’ai dit non aux mines d’uranium à Koongarra, car je crois que la terre et les croyances propres à ma culture sont plus importantes que l’exploitation minière et l’argent. L’argent va et vient, mais la terre est toujours là, subsiste toujours si nous nous en occupons, et s’occupera toujours de nous. » Jeffrey Lee, propriétaire traditionnel aborigène du parc du Kakadu, au quotidien australien The Age, en 2010.

Plusieurs centaines de millions de dollars. C’est le montant du dédommagement que pourrait obtenir Areva après la décision du Sénat australien, en mars dernier, de réintégrer le gisement de Koongarra, acquis par Areva en 1995, au parc national du Kakadu. Au Sydney Morning Herald, le géant français, leader mondial du nucléaire, a déclaré : « Dès lors que ce projet faisait partie des investissements commerciaux d’Areva en Australie, nous sommes en train d’étudier les options disponibles suite à cette mesure, en conformité avec les pratiques commerciales normales ».

C’est un nouvel épisode de la guerre entre Areva, le gouvernement australien et les propriétaires terriens aborigènes. En 2011, Jeffrey Lee, propriétaire aborigène de la terre de Koongarra, avait déjà refusé une énorme somme d’argent d’Areva. Au quotidien The Age, il déclarait, en 2010 : « Le fait que les Blancs m’offrent ceci ou cela ne m’intéressent pas ».

C’est une énorme perte financière pour Areva. Selon ABC News, le gisement serait estimé à 2 milliards de dollars. Près de 14 000 tonnes d’uranium seraient logées dans les régions du nord de l’Australie. Le Kakadu abrite d’ores et déjà une autre mine d’uranium, gérée par les Suisses de Rio Tinto. De son côté, Areva, selon l’Observatoire des multinationales, détient une cinquantaine de licences d’exploration en Australie, sans toutefois détenir des permis d’exploitation.

Crédits photo : Jon Clark