Nambung National Park

A moins de 3H de route au nord de Perth, seule métropole d’Australie Occidentale, se déroule déjà la côte sauvage d’un état désertique. Premier emblème de l’immensité à la fois aride et océane des lieux, le désert des Pinnacles, dans le parc national de Nambung. Dans ces vastes étendues de sable doré se dressent des tours de calcaire, horde de monuments naturels montant la garde sur fond de ciel bleu, le regard tourné vers l’Océan Indien.

Pinnacles

Au premier plan, des buissons bas. Au-delà, la clairière de sable blond à la fois dénudée de végétation et ornée des piliers de calcaire qui donnent leur cachet au parc et font la renommée de la région auprès des voyageurs et vacanciers. Et puis, au fond, l’horizon bleu de l’Océan Indien. C’est là-bas, dans les profondeurs marines, que l’histoire des Pinnacles commence. Charriés par les flots, déposés sur les rives par la puissance des vagues, emportés à l’intérieur des terres par la force du vent, ce sont des milliers de coquillages qui ont constitué l’étonnante matière première aux flèches de roc. Entassés, concassés, ils se transforment en dunes de sable. Pluie et soleil s’y conjuguent pour former du calcaire. Les racines des plantes emmènent les gouttes des averses sous la surface, aidant le processus d’érosion, tandis que les incendies mettent le sol à nu, favorisant l’action dispersante du vent. Peu à peu, le sable est emporté. Ne reste plus alors que ces sentinelles de calcaire, dernières colonnes de roc à avoir résisté à la sape des éléments.

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Toutes différentes, ces tours de roche suggèrent à l’œil observateur et à l’esprit rêveur une multitude de comparaisons : lame de couteau paraissant s’arracher de force aux profondeurs de la terre, barricade d’un fort disparu, imposante pierre tombale, obélisque à l’allure mystérieuse ou aileron de quelque ancien géant marin semblant maintenant naviguer un océan de sable… Chaque Pinnacle est unique, et chaque moment de la journée dévoile un nouvel aspect de leurs personnalités. Du fort contraste entre le jaune de la terre et le bleu du ciel au milieu du jour, aux ombres allongées de l’aube et du crépuscule, en passant par la pâle brillance du sable au clair de lune. Pour mieux apprécier la richesse de l’endroit, il faut savoir revenir le visiter à toute heure – une tâche rendue aisée par la piste véhiculaire qui boucle autour du désert, ou par le court sentier qui quitte le centre de visiteurs pour s’y aventurer.

Beach and boardwalk

Si les Pinnacles sont incontestablement le point d’orgue du parc, Nambung n’en recèle pas moins d’autres trésors. Dans ce parc côtier, il est facile de rejoindre un rivage sauvage où les plages de sable blanc s’incurvent avec grâce autour d’une eau turquoise et transparente. Ne reste plus alors qu’à apporter serviette et maillot pour bronzer et se baigner, masque et tuba pour contempler les poissons ou cane à pêche pour s’en faire un repas… sur la plage, les barbecues sont fournis ! Impossible d’être bredouille : si aucun poisson ne vient taquiner votre ligne, il suffit de se rendre à Cervantes, la bourgade gardant l’entrée nord du parc, pour faire ses emplettes. Les langoustes, fraîchement remontées des eaux, sont une autre des spécialités de la région… Et pour en brûler les calories, il suffit de s’exercer aux sports les plus populaires des plages locales, le surf et la planche à voile. En été, de novembre à février, de puissantes bourrasques en provenance du sud attirent ici les amateurs, qui viennent se laisser porter par le souffle du vent sur un océan habité de dauphins et de lions de mer.

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La faune et la flore terrestres ne sont pas en reste : comme souvent en Australie, émeus et kangourous sont les grands animaux les plus omniprésents. Le caractère aride et ensoleillé de la région se prête aussi très bien à la vie reptilienne, et dans les sables il n’est pas rare de croiser un lézard à langue bleue en vadrouille (« bobtail » est son nom local), ou son impressionnant cousin, le varan. Les serpents sont eux aussi de la partie, et de nuit les pythons viennent se glisser sur les routes pour absorber la chaleur rémanente de la journée. Dans les airs, ne manquez pas d’observer les cacatoès noirs à queue blanche, endémiques au Western Australia. Au sol, l’état comme la région sont célèbres pour leurs plantes : au printemps, les fleurs sauvages explosent de couleurs extravagantes. Acacias aux bourgeons jaunes, fleurs éventail aux pétales bleutés, quandongs aux baies rouges, lianes aux fleurs blanches et banksias aux fleurs en brosse sont parmi les représentants les plus remarquables de la végétation locale. La nature offre son plus beau spectacle végétal en septembre/octobre.

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Le soleil se couche sur les hautes silhouettes des Pinnacles, et le vent du sud soulève de gracieuses chapes de sable. Des artefacts aborigènes datés de 6000 ans ont été retrouvés ici, suggérant que les Pinnacles étaient alors exposés aux éléments, avant d’être recouverts par le sable et le vent, puis dévoilés de nouveau au grand jour il y a quelques centaines d’années. Aujourd’hui encore, le vent souffle et les dunes se meuvent, centimètre par centimètre. Dans un siècle ou dans un millénaire, les Pinnacles auront disparu à nouveau. Ils seront retournés dormir au creux de la terre, dans l’attente de leur prochaine renaissance. Le plus vieux continent du monde a tout son temps.

Nambung National Park: Pratique Corner

  • Nambung National Park se situe à 200 km au nord de Perth. Alors qu’il a longtemps fallu rejoindre le parc en empruntant la Brand Highway jusqu’à Cervantes, soit un détour de 60 km, une route directe a ouvert l’année dernière. Dorénavant, l’Indian Ocean Drive relie le parc à Perth en passant le long de la côte. Comptez environ 2H30 de route depuis la capitale.
  • Sur la route, ne manquez pas de faire un arrêt à Yanchep National Park, à une cinquantaine de km au nord de Perth, où vous pourrez observer une colonie de koalas. Les droits d’entrée s’élèvent à AU$11/véhicule.
  • Alternativement, vous pouvez vous rendre à Cervantes, village à l’entrée nord du parc de Nambung, par transports en commun. Les cars Greyhound assurent la liaison depuis Perth – comptez 2H45 de trajet, billets à partir de AU$40/personne. Depuis Cervantes, passez par l’intermédiaire de votre auberge ou caravan park pour organiser une visite guidée des Pinnacles.
  • Comptez AU$11/véhicule de droits d’entrée à Nambung National Park. Le parc dispose de tables de pique-nique et de barbecues, mais le camping n’y est pas autorisé. Le sentier des Pinnacles est une courte boucle de 1,2 km. Comptez de 30 à 45 minutes pour en profiter.
  • Le caravan park le plus proche se situe à Cervantes, à l’extrémité nord du parc, et facture ses emplacements à partir de AU$27/couple/nuit.
  • Option confort ? Si vous n’avez ni campervan ni matériel de camping, optez pour le Pinnacles Beach Backpackers, également situé à Cervantes. Comptez AU$30/personne/nuit en dortoir de 4 à 8.
  • Quitte à être dans la région, profitez-en également pour visiter le lac Thetis, à 2 km de Cervantes. Une boucle pédestre d’1,5 km le long du lac permet d’observer les thrombolites qui y reposent, des micro-organismes séculaires constituant l’une des formes de vie les plus primitives au monde.
  • Vous pouvez également visiter les Pinnacles via tour organisé au départ de Perth. Oz Backpacker Tour propose un tour d’une journée pour AU$165/personne. Le tour se déroule en 4×4, départ de Perth à 7H, retour aux environs de 19H. En plus de la visite des Pinnacles, le tour inclut un détour par le parc national de Yanchep, le déjeuner et le goûter.

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