UN MYTHE AUSTRALIEN : LE ROAD-TRIP EN VAN

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En Van en Australie

La route paraît infinie. Mon van arpente le bitume dans un tourbillon de graviers et de poussière. Sur ma droite, l’océan s’étend à perte de vue. Je donne un coup d’œil dans le rétroviseur : ma planche de surf est étalée sur mon matelas, avec deux auto-stoppeuses, Allemandes, blondes et bronzées… La vitre ouverte, les lunettes de soleil et ACDC en fond, la vie est belle, je roule à gauche et je croise des panneaux jaunes, en losange, qui m’annoncent des passages de kangourous sur 30 kilomètres…

Le road-trip en van, un rêve, une expérience de vie, profondément ancrée dans la culture australienne au même titre que les barbecues ou la Vegemite… Une odyssée rock’n roll qui ne manque pas de piquant, mais aussi de bons plans et de conseils pratiques.

Conseils pour l’achat du van

La période et le lieu d’acquisition du van sont essentiels pour le portefeuille. Dès la fin de l’été, à partir de mars, et ce jusqu’à septembre-octobre, acheter se révèle judicieux. Le marché des acheteurs est pauvre, moins de monde atterrit sur le territoire australien, alors que celui des vendeurs, en fin de trip, est riche, bondé et concurrentiel. Il est ainsi possible de faire son marché, d’étudier les différentes propositions et de marchander.

Attention toutefois à ne pas aller dans l’excès, de respecter le prix initial du van et de se mettre à la place du vendeur. Mais globalement, un van 2 places peut se vendre 2 000$ au mois de juillet à Sydney, quand en janvier, lorsque le marché s’inverse (plus d’acheteurs que de vendeurs), il sera cédé pour 4 000$.

« Acheter son van à Sydney dans une période creuse comme août, puis le revendre trois mois plus tard, en novembre à Cairns, est plutôt malin, vu le nombre de voyageurs qui veulent passer le Nouvel An à Sydney. »

Le lieu d’achat est important : il sera plus facile de trouver son bonheur dans une grande ville comme Sydney ou Melbourne que dans des petites bourgades ou même des villes moyennes comme Cairns ou Darwin. De même, il n’est pas inutile de penser que le lieu est lié à la période.

Pour exemple, de nombreux backpackers sillonnent la côte est, la partie la plus touristique du pays. Acheter son van à Sydney dans une période creuse comme août, puis le revendre trois mois plus tard, en novembre à Cairns, est plutôt malin, vu le nombre de voyageurs qui veulent passer le Nouvel An à Sydney.

Sur la côte ouest, partir de Perth en juillet pour le vendre à Darwin en septembre, peut aussi être intelligent, vu le nombre de personnes voulant fuir la saison humide du nord, qui prive d’une partie du Kakadu, mais aussi des parcs nationaux du Kimberley.

Et il y a des dizaines de manières de raisonner dans cette voie, ce qui peut permettre de sauver des centaines de dollars.

En Van en Australie

Avec l’achat d’un van, il faut penser à la « registration ». La « rego » est toujours obligatoire et peut être d’une durée de trois mois, six mois ou un an. C’est l’équivalent de notre ancienne vignette.

Selon les États, les règles et le coût ne sont pas les mêmes. Pour exemple, le Western Australia fonctionne différemment : on peut acquérir la rego directement sur Internet sans passer par un bureau officiel uniquement présent dans les États, comme c’est le cas dans le New South Wales ou le Queensland. De même, dans la plupart des États, le « roadworthy certificate » (« contrôle technique ») est obligatoire lors du changement de rego, mais le Western Australia est exempt de ces règles.

Avant l’achat d’un van, il faut donc se renseigner sur la rego (ce qui peut changer le coût total du véhicule), sur les règles en vigueur quant au roadworthy certificate et sur le changement de nom, car tout cela représentera un pourcentage du montant de la vente

Les préparatifs pour l’aventure

Le van est acheté : que mettre à l’intérieur ? Tout dépend bien sûr de ce qui est déjà en place.

Mais passons d’abord en revue l’essentiel : un lit, qui peut être une planche avec un matelas posé par-dessus, des rideaux ou des draps pour un peu d’intimité la nuit, des caisses de rangement, du matériel pour cuisiner (une plaque de gaz portable coûte 15$ chez K-Mart).

En Van en Australie

Secondaire : une tente, un tapis de sol, des guides utiles comme le Lonely Planet ou le Camps (qui répertorie tous les spots de campings et fournit des cartes détaillées de chaque État), de la musique (auto-radio, mp3 et basses), une deuxième batterie pour l’électricité, des anti-moustiques (toiles, sprays…).

Accessoire : un surf, du matériel de snorkelling, des jeux, un ballon, une copine, des amis. Encore plus accessoire et finalement, à éviter : le Gun (cubi de vin).

Pour équiper son van, il faut penser zone industrielle. K-Mart et Big W sont les deux grands magasins pas chers, situés en dehors de villes, qui vendent de tout, de la tente à 20$ au pot de Nutella d’1kg en promotion. Au rayon bricolage, il y a Bunnings, et au niveau mécanique des enseignes comme Super Cheap Auto.

Pour trouver des personnes, dit « lifts », afin de partager le fuel ou des bières, les backpackers et leurs murs d’annonces peuvent être d’un grand secours ainsi que des sites Internet comme Gumtree ou Couchsurfing.

Le road trip, les meilleurs guides : les locaux !

Le van est lancé, l’esprit est à l’aventure et la musique file à pleins tubes le long de l’océan ou à travers la poussière rouge du désert. Le meilleur plan est alors de laisser libre court à l’odyssée, de ne pas trop regarder son guide et d’écouter les locaux, les meilleurs conseillers possibles.

En Van en Australie

Il y a tout de même quelques maximes de base à appliquer. Tout d’abord, évitez les endroits fréquentés pour passer la nuit. Presque partout en Australie, il est interdit d’y dormir, même dans son van. Le mieux étant de s’isoler, choisissez une plage ou une place plus tranquille, où les rangers n’iraient pas faire leur ronde matinale.

« Il ne saurait y avoir de road trip sans erreurs, accidents ou complications. C’est ce qui fait la magie de prendre la route et de ne pas savoir de quoi sera fait le lendemain. »

Dans la mesure du possible, rester sur les routes pour véhicules standards est plutôt conseillé. Une route à gravier sur quelques kilomètres, dite « dirty road », n’a pas de vraiment de mauvaises conséquences. Mais les histoires de vans cassés sur des routes pour 4×4 ou sur des chemins déconseillés circulent assez facilement en Oz.

Le mode de vie au sein du van est différent selon les caractères, le nombre de passagers, les endroits où l’on passe (désert, plages, bush…). Mais un van est comme une petite communauté, le plus difficile étant de s’accorder sur les endroits où aller, de faire des concessions et de se respecter dans la meilleure ambiance possible. Une chose est sûre : il ne saurait y avoir de road trip sans erreurs, accidents ou complications. C’est ce qui fait la magie de prendre la route et de ne pas savoir de quoi sera fait le lendemain.

La vente

Vendre n’est pas si difficile. Il faut une ville, donc des acheteurs. Puis maximiser l’annonce, la rendre lisible et attractive, mettre une photo qui met en valeur le van, insister sur les atouts du véhicule même si ce sont juste des accessoires comme une planche de surf. Il est mieux vu de se mettre à jour au niveau de la rego, ce qui pousse l’acheteur à aller plus loin, ce tracas administratif étant derrière lui.

Le mieux est d’imprimer une dizaine d’annonces, avec le prix, les détails (mécanique et intérieur) et un numéro de téléphone (il peut être bon aussi d’indiquer les langues parlées vu le nombre de Français pas très heureux avec la langue de Shakespeare en Australie). Puis, les afficher dans les backpacks les plus courus, les agences de voyage, les supermarchés, bref tout ce qui est visible.

Diffuser autant que possible sur Internet : Gumtree, Couchsurfing

Locations et autres véhicules

Les locations peuvent être intéressantes, quand elles sont inférieures en durée à deux mois. Les sociétés de location abondent en Australie.

Une autre solution, à ne pas négliger, est la relocation. Elle permet, souvent pour le coût d’1$, de ramener le van (ou la voiture) d’un loueur d’un point A à un point B. Cependant, le temps imparti est souvent court et ne permet que de couvrir la distance sans trop faire d’arrêts.

En Van en Australie

Mais le road trip en Australie ne saurait se limiter au van. Si vous êtes tout seul ou à deux, une bonne alternative est le break, dit « station-wagon ». Souvent moins cher et en meilleur état qu’un van, il permet également d’installer un lit à l’arrière. Le 4×4, pour les plus gros budgets, possède quant à lui l’avantage d’aller partout, et de pouvoir aller jouer sur les dunes du désert.

En Van en Australie


Aller plus loin

  • Le Sydney Travellers Car Market permet aux backpackers de pouvoir acheter ou vendre leur véhicule sans passer par un garage.
  • Les vans de chez Toyota ont une bonne réputation, solides, sûrs, résistants.
  • La moyenne d’un compteur pour un van se situe entre 200 000 et 300 000 kilomètres.
  • Le meilleur site pour trouver son van : Gumtree.
  • Cars 4 Backpacker est un site proposant des annonces de véhicules à la vente.
  • Travellers Auto Barn , partenaire du site, propose aussi des véhicules à la vente avec une garantie de rachat.

14 Commentaires

  1. Nous voulons venir vivre en Australie pendant plusieurs mois et souhaitons faire cela en van, mais nous nous posons tout de même quelques questions :
    Faut il un certain nombre d’années de permis derrière soi pour pouvoir conduire un van ?
    Y a t il un autre permis à passer ?
    L’assurance est elle chère ?
    Est il facile de poser son van ? Beaucoup de lieux ect…
    Des lois vraiment restrictives ?
    L’essence est elle chère ?

    En tout cas merci pour ce site très bien fait !

  2. lol c’est du goon pas du gun. Sinon comme guide évitez le lonely planet en couleurs, le plus petit, il n’y a rien dedans c’est affligeant. Perso je vous conseille les bouquins de chez Explore Australia, que l’on trouve à Big W, notamment celui sur les parcs nationaux qui est juste monstrueux tellement il est utile.

  3. Bonjour à tous !

    Me voilà actuellement en Australie depuis jours, à Sydney plus précisemment. J’aime beaucoup cette ville mais j’aurais bien besoin de voir d’autres décors, bien plus dépaysants que Paris … j’aimerais parcourir la cote est, remonter par le nord, continuer vers l’ouest dans pour errer dans les plaines, trouver différents jobs entre temps …

    Bien sur, j’ai rencontré pas mal de monde depuis mon arrivée, mais je recherche maintenant des personnes désirant de partir à l’aventure, de faire ce fameux Road Trip en Australie pour voir les paysages les plus fous et rencontrer des personnes extraordinaires !

    Donc si une ou plusieurs personnes sont motivées, ont envie de vivre au jour le jour, en voyant se succéder surprises sur surprises, vous pouvez me contacter !
    Ou si même vous avez déjà tout ce qu’il faut pour voyager, voiture (ou même van !), l’esprit libre et que vous chercher un compagnon de route, je suis votre homme !

    Voici mon numéro si vous voulez me contacter : 0424011846

    A très vite !

  4. Salut Cyrielle,
    Je ne l’ai pas fait mais je pense que tu peux le faire tout en restant prudente. Au pire tu as les crocos et les inondations, donc en faisant attention ou tu campes et aux routes que tu prends il ne devrait pas y avoir plus de risques que cela. Il y a pas mal de point d’info en Australie et les gens sont ouverts, ils te fourniront de bons conseils sur le coin.

  5. Bonjour à tous,

    Je voulais savoir ce que vous pensez d’un van à vendre avec 577 000 km… ? Est-ce que c’est rédhibitoire et si non quel prix vous pensez qu’il peut valoir? Il est à 2000 dollars négociable, je trouve ça un peu cher pour autant de km! Je n’y connais rien en voiture donc si quelqu’un s’y connaît un peu et peut me dire si je dois fuir l’annonce ou pas.. 🙂
    Par contre les points positifs : la rego va jusqu’en juillet, et y a pas mal de matos : matelas dans le van, tentes, gaz cooker…

    Autres infos sur le van : Il date de 1996 ; la marque c’est Ford.

    Merci d’avance!!

  6. [b]Maudf[/b] : c’est quand même beaucoup 500 000km 0O, nous avons acheté un van a 400 000km en étant un peu réticent au vu du kilométrage, on a fini par le prendre mais on l’a fait examiné par un garagiste avant. Ca a permis de nous rassurer sur l’état du moteur (vieux certes mais en état) et surtout de déceler des réparations « mineurs » qui nous aurait probablement coûtés chers si le van avait lâché dans un endroit reculé. Le check au garage vaut environ 100$ et les 600$ de réparations ont les a négociés auprès de l’acheteur qui n’y a pas vu de problème 😉

    [b]Ivan[/b] : pour te répondre on a remplacer une boule au niveau de la direction, des amortisseurs, une courroie et deux autres pièces (je ne suis pas mécano pour un sous)et on a payé 600$ pour voir large.

    Van acheté à Adelaide pour info, bonne saison pour venir les backpacks se vident et le travail se trouve plus facilement (et pas forcément dans le fruit picking)

  7. Bonjour,
    Dans le cadre d’un projet d’émission télé, nous sommes à la recherche d’un VAN (de préférence de type T2 ou dans le même esprit) à customiser pour notre émission. Nous souhaiterions acheter ou louer ce VAN.
    Voici les créneaux envisagés:
    – 8 jours de location en mai
    – 4 jours de location en aout
    – 6 jours de location en septembre
    – 6 jours de location en octobre
    Si vous êtes intéressés merci de me contacter au plus vite.
    Cordialement
    Grace Daya
    01.56.26.56.26
    gdaya@tonycomiti.com