Les marsupiaux, ces surprenants animaux australiens.

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kangourous wallabies
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L’Australie, pays vaste, neuf et peu peuplé, est un continent aux conditions idéales pour l’observation d’une faune sauvage, abondante, variée et surtout unique au monde. Il est notamment le royaume des marsupiaux, un groupe de mammifères qui a la particularité de donner naissance à des bébés embryonnaires, qui finissent leur développement dans la poche ventrale de leur mère.

Les kangourous

Le plus célèbre de tous les marsupiaux est évidemment le kangourou, emblème du pays dont l’effigie orne le blason national, les avions de Qantas et un nombre incalculable d’autres produits et logos : le kangourou est un symbole international dont la silhouette est reconnue à travers le monde. Mais saviez-vous qu’il existe de nombreuses espèces de kangourous ? Les grands roux sont les résidents des terres arides, tandis que les deux espèces de kangourous gris exploitent toutes sortes d’habitats un peu plus cléments. Ajoutez à cela leurs petits cousins, les wallaroos, wallabis et pademelons, vous obtenez une vaste famille composée de dizaines d’espèces différentes.

kangourou

Qu’ils soient kangourous, wallabis, wallaroos ou pademelons, ces animaux que l’on appelle macropodes (= les grands pieds !) sont tous des marsupiaux et partagent une autre caractéristique étonnante : ils se déplacent en bondissant. À faible allure, ils pratiquent une étrange démarche dite « pentapédale », consistant à utiliser leur queue comme une cinquième patte. Pourquoi préfèrent-ils bondir que courir ? Par économie : leurs sauts leur demandent moins d’énergie, et conserver son énergie est un problème important lorsque l’on habite le continent le plus sec au monde, où eau comme nourriture ne sont souvent présentes qu’en quantités limitées.

Les koalas

Si le kangourou demeure la star internationale de la faune australienne, le koala n’est pas loin derrière : difficile de résister à ce marsupial placide aux airs d’ours en peluche. Mais s’il est souvent comparé à un ourson pour son apparence, le koala n’a pourtant rien en commun avec les ours : il est lui aussi un marsupial élevant ses bébés dans sa poche ventrale, qui contrairement à celle du kangourou s’ouvre vers l’arrière, la rendant peut-être plus discrète.

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Il n’existe qu’une seule espèce de koala, qui habite l’est du pays, depuis Adelaide jusqu’au nord tropical du Queensland, dans un rayon de 300 km autour de la côte. Le koala est une créature presque exclusivement arboricole, qui a donc besoin de forêts pour subsister. Mais pas n’importe quelle forêt : le koala est un fin gourmet dont l’alimentation repose totalement sur les feuilles d’eucalyptus – et pas n’importe lesquelles non plus, car il a ses espèces d’eucalyptus préférées ! Il lui faut donc un environnement très particulier et sain, il souffre donc de la déforestation qui a fragmenté son habitat. Heureusement, le koala fait aussi l’objet de programmes de réintroduction qui rencontrent un certain succès et ont permis d’établir de nouvelles populations, notamment sur des îles comme Kangaroo Island ou Phillip Island.

koala

Les wombats

Le wombat est le plus proche cousin du koala, mais contrairement à lui, il vit sur et sous la terre ! À l’âge adulte, ce marsupial herbivore pèse de 30 à 40 kilos pour près d’1m de long. Sa fourrure rugueuse va du blanc cassé au noir, mais est plus couramment grise ou brune. Animal inconnu de la plupart des étrangers, le wombat est pourtant assez commun en Australie, où il habite des environnements aussi variés que la plaine aride du Nullarbor, les forêts humides du Victoria ou encore les sommets alpins du New South Wales.

wombat

Contrairement aux kangourous et aux koalas, qui se contentent des buissons et des branchages prodigués par mère nature, le wombat est un grand architecte dans l’âme et établit son territoire en creusant de vastes réseaux de terriers dotés de plusieurs couloirs et de multiples entrées. Cette maison souterraine lui permet d’échapper au plus gros de la canicule australienne : sous terre, la température reste stable aux alentours de 20-25°, et le wombat peut confortablement attendre la fraicheur nocturne avant de sortir se balader.

Les possums

Oui, « possum », sans O ! Si les opossums sont des marsupiaux américains carnivores, les possums sont leur contrepartie australienne et herbivore – bien que, dans leur opportunisme, il leur arrive parfois de croquer un morceau de viande abandonné. Ces créatures coquines ne connaissent ni la peur, ni le bon sens, et il n’est pas rare de les voir arpenter les toits de la ville, fouiller les poubelles des jardins botaniques ou tenter de subtiliser le dîner de campeurs mal avertis.

possum

À la croisée du chat et du singe, le possum est une créature arboricole, agile et malicieuse. Il en existe de nombreuses espèces, mais les plus communes sont le Brushtail à la queue touffue et le Ringtail à la queue préhensile qui l’aide dans ses exploits d’escalade. L’arbre généalogique du possum se compose aussi d’une famille de proches cousins appelés gliders : eux ont développé une membrane reliant leurs pattes antérieures à postérieures, qu’ils peuvent étendre afin de planer (en anglais, « to glide ») d’arbre en arbre ! Ces drôles de créatures volantes se dénombrent en plusieurs espèces, dont la plus petite peut tenir au creux de la paume de la main, quand la plus grande atteint la taille d’un gros possum.

Les diables de Tasmanie

Le diable de Tasmanie est le dernier des grands marsupiaux carnivores, quand bien même sa taille ne dépasse pas celle d’un petit chien. Si le diable habitait jadis la totalité du continent australien, il y a bien longtemps qu’il n’existe plus qu’en Tasmanie, d’où son nom. Recouvert d’une fourrure noire barrée d’une trace de blanc immaculé sur le poitrail, le diable de Tasmanie est un féroce vorace dont la frénésie alimentaire a contribué à inspirer le personnage déchaîné de Taz dans les cartoons de Tex Avery !

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Malheureusement, le diable de Tasmanie est de plus en plus rare dans son milieu naturel. Ravagées par une épidémie de tumeurs faciales (DFTD : Devil Facial Tumor Disease) depuis quelques années, les populations de diables sont en constante diminution. Pour parer à cela, scientifiques et parcs animaliers font de leur mieux pour étudier la maladie et aider les diables à se reproduire en captivité afin de rétablir les populations sauvages ultérieurement.

Les monotrèmes

Enfin, il est impossible de ne pas mentionner la famille des monotrèmes : il s’agit là de mammifères qui ne sont ni des marsupiaux, ni des placentaires, mais plutôt une sorte de chaînon manquant de l’évolution. Il n’existe que 5 espèces de monotrèmes au monde et l’Australie en comprend 2 : l’ornithorynque et l’échidné.

Qu’est-ce qui rend les monotrèmes si uniques ? Simplement ceci : ce sont des mammifères qui pondent des œufs ! Pourtant, comme tous les mammifères, ils allaitent ensuite leurs petits.

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L’échidné, animal adorable et recouvert de piquants à la manière d’un hérisson ou d’un porc-épic, dispose même d’une poche, à la façon des marsupiaux. L’échidné habite l’ensemble de l’Australie (selon la région où on le rencontre il est plus ou moins blond), il est doté d’une fourrure plus ou moins épaisse sous ses piquants. Lors de la saison des amours, en hiver, il se déplace parfois en convoi : une femelle suivie de plusieurs mâles impatients de lui faire la cour !

L’ornithorynque n’a quant à lui pas de poche, mais que dire de son apparence de loutre au bec de canard ? La biologie improbable de cette ancienne créature était tellement inattendue que, lors de sa découverte par les premiers colons, les scientifiques de l’époque ont tous cru à une mauvaise plaisanterie et les premiers spécimens ont été déclarés faux. L’ornithorynque habite les cours d’eau de l’est de l’Australie et sa présence est un signe de bonne santé des rivières. Mais pour l’apercevoir, il vous faudra faire preuve de patience : l’ornithorynque sort principalement à l’aube et au crépuscule, et sa timidité le pousse à prendre la fuite pour se cacher au moindre son ou mouvement suspect !

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