L’AUSTRALIE EN CAMPERVAN, UNE AVENTURE

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Le campervan, Sa maison souvent pour une année
Le campervan, sa maison souvent pour une année

On s’imagine tous en train de parcourir les routes de l’Australie à bord d’un campervan avant même d’y mettre les pieds. Et il est vrai que beaucoup de backpackers choisissent ce moyen, plutôt pratique, pour voyager pendant plus ou moins un an. C’est un rêve qui peut devenir réalité à partir de 3 000 dollars, mais qui a son lot de surprises et d’inconvénients ! Vous le verrez, la vie en campervan à travers le pays n’est pas de tout repos, mais c’est aussi et sûrement ce qui donne au voyage tout son charme. Économique : oui et non !

Vivre en campervan, surtout si vous l’achetez, a l’avantage d’être la formule la plus économique pour visiter l’Australie. Mais cela coûte souvent bien plus qu’on ne se l’imagine au départ. À l’achat, vous en aurez en moyenne pour 5 000 à 6 000 dollars, mais il faut aussi penser à la registration, à l’équipement, à l’assurance et aux réparations… Celle-ci peuvent parfois coûter très cher, alors prenez soin de votre van ! Nous avons croisé une backpacker allemande en Australie dont le van a lâché au milieu du désert, moteur cassé, tout cela lui a ruiné son portefeuille et finalement elle n’a voyagé que 3 semaines…

Ceci dit, ne partons pas pessimiste, si vous avez de la chance et uniquement de petites réparations à faire en chemin, l’achat du van reste une solution plutôt économique (pas d’hébergement) et surtout pratique pour se déplacer ou trouver du travail. Par contre, vous perdrez un paquet de billets pour remplir le réservoir ! Un van consomme souvent au minimum 12 litres au 100 km, et jusqu’à 20 litres ! Or, l’Australie c’est 30 000 km de côtes, avec un pétrole autour de 1,60 dollars le litre à ce jour. Alors si vous pensez parcourir 40 000 km, cela devient vite astronomique ! Heureusement que le pays permet aux backpackers de travailler durant leur tour.

Quoiqu’il en soit, traverser cet immense continent relève de l’aventure ! Et voyager à bord d’un campervan permet d’être libre, d’aller où on veut, quand on veut, de dormir et de manger à l’intérieur, de tout faire dedans en somme ! C’est clairement le meilleur moyen de voir du pays. On tombe néanmoins assez souvent sur des routes non revêtues, ne serait-ce que pour rejoindre une plage, un camp, un chemin de randonnée etc. Dans ce cas, le campervan n’est pas le meilleur allié ! Si vous avez un plus gros budget, vous pouvez investir dans un 4×4, sûrement moins commode pour vivre dedans, mais il saura emprunter toutes les routes que vous voulez, si vous n’avez pas peur de vous enfoncer dans l’outback. D’ailleurs, la majorité des locaux conduisent un 4×4 ou un pick-up. Il faut dire que l’Australie a une drôle de notion de « highway » ! Leurs autoroutes devenant parfois de petites routes de montagne à peine assez larges pour deux voitures…

Les dangers de la route…

En route, vous ne vous ennuierez pas dans le New South Wales, le Victoria ou en Tasmanie, où les distances sont relativement réduites entre deux étapes, et où les paysages sont tout de même très variés. Par contre, une fois à l’ouest, dans le centre ou dans le nord, préparez-vous à de grandes lignes droites, très très longues, au milieu de nulle part ! C’est aussi ça qu’on vient chercher en Australie : de grands espaces, le désert, la nature à perte de vue. Il est très agréable de voir la flore australienne défiler, attention toutefois à sa faune… On aperçoit beaucoup de cadavres d’animaux au bord des routes ! Des kangourous, des opossums, des échidnés, des wombats… C’est triste d’en voir autant, mais difficile aussi de les éviter. Comme on a le temps et qu’on est là pour profiter du paysage, la meilleure parade est de ne pas rouler trop vite. D’autant que heurter un kangourou peut aussi vous coûter très cher en réparation ! Il y a toutefois moins de danger sur la route en plein jour, les animaux sortant surtout au crépuscule et jusqu’à l’aube.

Avec votre campervan, vous avez tout ce qu’il vous faut avec vous, enfin presque ! Il reste à trouver où camper, et ce, chaque soir, ce qui n’est pas toujours facile ! Équipez-vous déjà de Camps, la bible des backpackers, ou de l’application mobile WikiCamps,

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bien utiles pour les trouver ces fameux camps ! Si la campagne et les Parcs Nationaux offrent souvent des emplacements où s’installer, en ville cela devient bien plus difficile. À Melbourne ou Sydney, par exemple, il n’y a rien, il faut alors se débrouiller, s’éloigner un peu. Le plus commun est de s’orienter vers la mer. Les plages disposent souvent de toilettes, de douches, de tables de pique-nique, de barbecues électriques, d’eau, etc. Mais il est généralement interdit d’y dormir la nuit. En ville, il peut vite y avoir des attroupements de backpackers, ce que les councils veulent éviter. Le mieux, mais sans doute pas l’idéal, est de faire vos tâches quotidiennes pendant le jour et de dormir ailleurs la nuit, dans une rue résidentielle (pas non plus devant une maison !) ou le long d’un parc. Vous verrez vite que ce n’est pas toujours facile ni drôle de trouver où s’installer, vous passerez forcément par la case camping sauvage, quitte à ce que les rangers frappent à votre porte au petit matin ! C’est aussi ça la vie en campervan !

Le campervan permet de dormir dans des lieux privilégiés
Le campervan permet de dormir dans des lieux privilégiés

Rester propre, un défi !

Pour les régions où il y a de nombreux camps gratuits, comme la Tasmanie par exemple, ce n’est pas les endroits autorisés qui manquent, il y a de nombreux camps parfaitement situés au bord d’un lac ou d’une rivière où prendre vos aises, c’est par contre plus compliqué de rester propre ! Aujourd’hui, si nous prenons une vraie douche chaude par semaine, c’est bien ! On ne s’imaginait pas que ce serait si rare. Heureusement que les gants de toilette et les bassines ont été inventés, ou mieux, la douche solaire ! Au risque de vous retrouver à nu devant des randonneurs ou en tous cas dans des situations plus qu’improbables. Oui, ça sent le vécu… Le plus délicat finalement, c’est que nous avons parfois du mal à trouver de l’eau dans les coins reculés. L’eau est la denrée la plus importante qui vous permet de réaliser toutes les tâches quotidiennes. Le mieux est de se ravitailler dans les villes, aux stations-services, dans les centres d’informations par exemple, faire le plein d’essence aussi (n’attendez pas d’être sur la réserve pour vous réveiller, on est en Australie ici !), ensuite vous pouvez partir camper serein et n’importe où. Avoir un campervan c’est aussi vous permettre d’avoir de la place pour stocker : de l’eau, de l’essence, de la nourriture en pagaille. Si on n’est pas assez prévoyant, on se retrouve finalement privé de sa liberté, un comble pour un backpacker qui n’a plus rien d’autre au monde qu’un van !

Si vous avez de la chance, vous tomberez parfois sur un camp magique où il y a une douche, de l’eau, ou un parking où il y a de l’électricité ; dans ce cas, on en profite au maximum ! Mais il ne faut pas rêver, ce ne sera pas tous les jours. Et comme c’est parfois difficile de courir après tout ça, il n’y a rien de mieux que de se payer un petit camping de temps en temps, où une nuit coûte à partir de 20 dollars par véhicule, ne serait-ce que pour se reposer, recharger les batteries (au sens propre comme au figuré), se laver, vivre plus confortablement.

plaque chauffante camping
plaque chauffante camping

D’autant plus qu’il est plus difficile de squatter en ville. Tous les backpackers ont à un moment donné besoin d’électricité, d’Internet, alors, à part les fast food et les bibliothèques, mieux vaut également s’équiper d’un convertisseur pour brancher vos équipements dans le van quand vous roulez et d’une clé 3G pour ne pas courir après le wifi. À partir de là, vous êtes parés !

Des rencontres de tout type !

Pour le reste, ne vous inquiétez pas, les Australiens seront toujours là pour vous venir en aide ! Nous nous sommes lancés dans un feu de bois au sein du Kosciuszko National Park pour nous faire un bon barbecue à l’ancienne. Un homme, nous voyant lutter, nous a apporté du bois sec qu’il était allé coupé lui-même dans la forêt pour nous aider. Sans lui, on y serait encore ! Quand vous pouvez vous installer dans de vrais camps, sommaires, mais dans un cadre magnifique, c’est juste génial. Vous prenez votre petit-déjeuner tous les jours dans une endroit différent, admirant une vue différente. Au fil de l’année, des régions et des saisons, vous aurez peut-être trop chaud, trop froid, de la pluie, un grand soleil, du vent (beaucoup de vent !), des forêts d’eucalyptus autour, la mer, le désert. Rien de tel que l’Australie pour entreprendre un trip pareil. D’autant que partout, vous discuterez avec vos charmants voisins australiens, souvent des retraités tournant comme nous autour du continent, très sociables et qui n’hésiteront pas à venir vous voir, vous offrir à boire ou à manger, vous inviter autour d’un feu. De bons moments de convivialité en perspective !

Un kangourou pour belle rencontre
Un kangourou pour belle rencontre

En plus, à dormir au beau milieu de nulle part, on fait d’étonnantes rencontres avec la faune locale… Nous nous sommes réveillés à côté de plusieurs Bennet Wallabies dans le Freycinet National Park, qui vivaient le long de la plage et restaient là près de nous à ne rien faire ou à manger quelques feuilles. Une nuit, nous avons fait l’erreur de laisser un sac poubelle (fermé) dehors, n’ayant pas de poubelle à proximité. Dès que nous nous sommes couchés et qu’il a fait nuit noire, des bêtes se sont battues et ont déchiqueté tout ce qu’il y avait à l’intérieur ! Un beau foutoir le lendemain matin… On est souvent entourés de plein d’espèces d’insectes, d’animaux, d’oiseaux en Australie, alors mieux vaut ne rien laisser traîner ! Ce que vous verrez le plus, ce sont les oiseaux dans les arbres autour de vous, des cacatoès, des perroquets, des mérions, des kookaburras, tous ces oiseaux dont vous reconnaîtrez les cris à force de les entendre chaque jour vous réveiller de bon matin. Le chant des oiseaux, un grand soleil, une nature luxuriante tout autour, quand on campe dans son van, ça donne envie de se lever le matin et de reprendre la route pour en voir plus, encore et encore. On the road again !

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