KU-RING-GAI CHASE NATIONAL PARK

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Ku-Ring-Gai Chase National Park

La semaine dernière, je vous ai emmené en balade sur les magnifiques rivages du Royal National Park, au sud de Sydney. Cette semaine, c’est de l’autre côté de la ville que j’ai décidé d’aller traîner mes bottes : le Ku-ring-gai Chase NP s’étend en effet au nord de la cité, non loin de la banlieue où je réside. Et cette fois, il est de nouveau question de rivages, mais pas d’océan : c’est une longue promenade le long d’une rivière qui nous attend !

La rando commence quasiment à la sortie de la station de train du Mount Ku-ring-gai, en haut d’une colline. Le bush, ici comme en tant d’autres endroits en Australie, porte la marque du feu : troncs noirs calcinés et revégétation exubérante de jeunes pousses vert tendre. Il est fort possible que ceci soit conséquence d’un incendie que j’avais brièvement aperçu, de loin, la dernière fois que j’ai séjourné à Sydney. Depuis la gare d’Hornsby, un après-midi, nous avions vu d’impressionnants nuages de fumée, sombres et menaçants, s’élever lentement du nord, en direction du Ku-ring-gai. Trois ans plus tard, la forêt n’a pas encore fini de reprendre ses droits.

Je marche avec le soleil dans les yeux, mais je sais que ce problème s’estompera sans doute quand j’aurai atteint la rivière, Cowan Creek, échangeant alors l’est pour le nord en guise de direction. Ce qui m’ennuie davantage, c’est que ce cher soleil semble bien parti pour une grande partie de cache-cache avec les nuages aujourd’hui !

Et si je suis reconnaissante à ces derniers pour la fraîcheur qu’ils m’apportent quand ils couvrent le ciel, je n’en ai pas moins très envie de voir le temps rester au beau et la lumière du soleil insuffler sa beauté aux paysages comme à mes photos. J’attends parfois patiemment qu’une ouverture au creux des nuages m’apporte la lumière tant recherchée, sans pour autant oser attendre trop longtemps de peur que la météo ne continue à se dégrader au fil de la journée… éternel dilemme du randonneur photographe !

Ku-Ring-Gai Chase National Park

De la forêt, je débouche parfois sur un petit promontoire rocheux qui m’offre un point de vue sur Cowan Creek, en contre-bas. Le sentier que je compte suivre aujourd’hui va m’amener jusqu’à la berge de la rivière, dont je vais longer les eaux bleues jusqu’à Waratah Bay avant de remonter dans les collines jusqu’à Berowra, où se trouve un autre arrêt de train. Le vrombissement d’un petit bateau à moteur résonne sur les parois boisées qui entourent la rivière. Et c’est à peu près tout : encore une fois, la tranquillité est remarquable pour un bout de bush si proche de Sydney et voisin de la Pacific Highway, axe routier majeur de la côte est.

À mesure de la descente vers la rivière, la forêt change peu à peu, se fait plus dense, plus riche et plus variée, avec un épais sous-bois de fougères. Sur les rivages de Cowan Creek, dans le sable et sur les rochers greffés d’huîtres, des petits crabes sombres, aux pinces orangées et aux reflets vert métal, se dispersent en tous sens à mon arrivée. Alors que je commence à longer la rivière, un bruit dans les fourrés m’indique la présence d’une bestiole de plus grosse taille qu’un simple oiseau, et je vois la longue queue d’un varan disparaitre sous les buissons.

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Un peu plus loin, dans les eaux saumâtres d’entre deux marées à Winson Bay, un héron gris cendré se promène d’un pas gracieux en quête de son déjeuner. Tout est paisible, seuls les quelques bateaux qui passent occasionnellement sur la rivière me rappellent la proximité de la civilisation.

Ku-Ring-Gai Chase National Park

Un peu plus loin, je rencontre un second varan, plus jeune et plus petit, que j’ai le temps d’observer à loisir tandis qu’il grimpe se réfugier en haut d’un arbre. Il fait bon aujourd’hui et les reptiles sont de toute évidence de sortie, ce qui éveille en moi un sentiment endormi depuis que j’ai quitté l’Australie : cette double sensation de crainte et d’espoir à l’idée de rencontrer un serpent, doux mélange inextricable du désir d’observer à nouveau l’une de ces superbes créatures, tout en redoutant à juste titre de mettre le pied dessus 😉 Un trouble entretenu par une autre phobie bien répandue : à quelques reprises, je manque de justesse de foncer tête baissée dans de grandes toiles occupées par leurs araignées. Ce sont toutes des golden orb weaving spiders, soit une espèce aussi commune qu’inoffensive… et qui n’en fait pas moins frissonner les jeunes filles !

Ku-Ring-Gai Chase National Park

De toute la rando, et à l’exception des silhouettes des pêcheurs à bord de leurs barques mouillées dans certaines baies, je ne croise absolument personne sur ce chemin parfois envahi de végétation et des débris de tempêtes passées, qui requiert une certaine vigilance pour ne pas perdre sa route (la rivière, toutefois, est un fil conducteur garanti en cas de doute).

Au fil de ma progression, j’ai la surprise de croiser encore quelques autres varans (ou goannas comme on dit ici), une demi-douzaine en tout. Et puis, ce qui devait arriver arriva : je m’empêtre pour de bon dans une toile. Ses fins filaments se déchirent à l’instant comme pour mieux venir se coller à ma peau.

Et moi, Toothbrush Nomads la vaillante aventurière, de glapir d’un grognement d’horreur en me frictionnant à qui mieux mieux pour m’assurer que cet incroyable monstre, madame l’araignée qui fait la taille de mon gros orteil n’a pas décidé de faire du stop sur l’une de mes épaules ! Je ne saurai jamais si la pauvre arachnide, dont je viens après tout de détruire le dur labeur et la maison, était bien sur moi, sur mon sac, ou simplement tombée au sol dès l’impact, mais ce qui est sûr c’est que je la vois désespérément gigoter sur le dos par terre et que je dois confesser ne pas m’arrêter pour l’aider… et dire qu’il y a 2 ans de cela, sur un chemin détrempé de Kangaroo Island, je sauvais une araignée autrement plus dangereuse (red-headed mouse spider, dont le venin peut être sacrément douloureux) de la noyade. À croire que c’est surtout l’effet de surprise, cumulé avec quantité et proximité, qui déclenche les vieux réflexes de rejet irrationnel !

Ku-Ring-Gai Chase National Park

Au fil de toutes ces drôles d’émotions, c’est avec un certain soulagement que j’entame la remontée de la colline : j’ai comme le soupçon que les araignées ont un faible pour l’habitat qui longe la rivière et beaucoup moins pour les terres plus élevées. Et en effet, dès que je retrouve un brin de hauteur, le cauchemar arrive à son terme. Ouf !


Ku-ring-gai Chase National Park : Pratique Corner

Prenez le train de la city jusqu’à Mount Ku-ring-gai (North Shore & Western Line, ligne jaune). Le trajet dure environ 1H.

La marche est indiquée par des pancartes à la sortie du quai de la gare du Mt Ku-ring-gai. Prenez à gauche et traversez le pont piéton au-dessus de l’autoroute, puis continuez tout droit sur Harwood Avenue jusqu’à l’entrée du parc, à 5 mins de la station.

La fin du sentier débouche quasiment directement sur la station de Berowra, il suffit de traverser le pont piéton et la gare sera sur votre gauche.

La rando fait environ 9 km, comptez à peu près 4H pour la faire (encore une fois, temps variable à ajuster selon les aptitudes et habitudes de chacun).

Pour les moins motivés et les arachnophobes, vous pouvez raccourcir la balade en descendant simplement jusqu’à Cowan Creek et longeant la rive jusqu’à Winson Bay (la première baie) avant de faire demi-tour. C’est seulement ensuite que les choses se corsent ! Et pour cause : quelques temps après avoir fait cette rando, j’ai appris que la suite du sentier était fermée depuis un certain temps… Voilà qui explique le manque d’entretien de ce chemin et la prolifération de toiles d’araignées en plein passage !

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Ku-ring-gai Chase National Park

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4 Commentaires

  1. Je suis en ce moment en Nouvelle-Zélande, seulement pour 2 petites semaines par contre… mais peut-etre aurez-vous droit tout de meme a 1 ou 2 articles « hors série » sur ce beau pays, puisqu’on est beaucoup a profiter d’etre en Australie pour y faire un tour !

    Je prends l’avion pour Melbourne lundi, et direction la campagne au nord de la capitale pour quelques temps. Et bien sur, j’ai encore quelques articles sur Sydney et sa région en réserve – c’est qu’il y en a des choses a faire, la-bas !

  2. On a essayer de faire la balade aujourd’hui mais le sentier est vraiment abandonner au bout de 45 minutes on a rebroussé chemin car le sentier avec presque disparu je pense que pour visité ce parc il faut soit entré et payer 11$ + 4$ pour les vehicule et par adulte soit passez par le wharf de palm beach et prendre le ferry!

  3. Merci pour cette update sur l’état actuel du sentier. Une autre alternative, en ce cas, serait de faire un aller-retour de la gare de Mount Ku-ring-gai à Bobbin Head via Apple Tree Bay. Le début du sentier (= descente jusqu’à Cowan Creek) est le même, la différence est qu’une fois arrivé au bord de l’eau, il faut tourner à droite et non à gauche 🙂