DE L’ART DE TROUVER DU TRAVAIL EN AUSTRALIE

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job dans le fruitpicking
job dans le fruitpicking

Quand on prépare son voyage en Australie, le Working Holiday Visa en poche, on s’imagine peut-être trouver du boulot dès l’arrivée, presque en claquant des doigts, et pouvoir gagner des milliers de dollars en un rien de temps… Mais attention, tout n’est pas si simple, même en Australie.

Si le pays offre bien davantage de possibilités d’emplois par rapport à la France actuellement, c’est parce qu’il ne connaît pas la crise. Toutefois, il ne faut pas oublier que vous arrivez avec un visa précaire, un visa associé à de jeunes voyageurs qui ne font logiquement que passer, à de jeunes gens souvent sans expérience et qui ne parlent pas toujours très bien anglais. Ainsi, le visa ou son titulaire n’auront pas forcément bonne réputation. S’il y a un domaine particulièrement fait pour des gens comme vous, il s’agit bien du domaine agricole.

C’est d’ailleurs bien pour trouver de la main d’œuvre en campagne et en particulier dans les fermes que ce visa a été lancé en Australie. Mais, si ce genre de boulot n’est pas votre dada, pas de panique, il y a d’autres champs possibles, si vous savez saisir votre chance… En tout cas, il est utile de connaître vos droits et devoirs ainsi que vos possibilités dans le pays d’Oz avant d’arriver !

Les droits d’un détenteur du Working Holiday Visa

Comme chacun le sait, le but principal du visa vacances-travail ou visa 417 est de permettre à de jeunes étrangers (de 18 à 30 ans) d’avoir un séjour prolongé en Australie tout en complétant leurs caisses avec du travail à court-terme. En effet, avec ce permis, vous ne pourrez pas travailler plus de 6 mois pour le même employeur. Une fois obtenu votre Tax File Number (sans lequel vous n’avez pas le droit de travailler), vous voici fin prêt à bosser en Australie ! Le salaire minimum national est déterminé par Fair Work Australia.

Cette structure gouvernementale est chargée d’informer et de conseiller sur le droit du travail et les règles en Australie. Selon leur grille 2016, le salaire minimum de l’Australie est 17.70$/heure mais celui-ci peut varier selon l’entreprise et la situation de l’employé. Les salaires minimums perçus par les salariés du système national sont examinés par Fair Work Australia chaque année et prennent effet au 1er juillet.

Quand le salaire prend une forme concréte
Quand le salaire prend une forme concrète

Sachez que les personnes qui travaillent en Australie avec un visa vacances-travail ont droit à la même rémunération et aux même conditions de travail que les résidents australiens et les citoyens.
Il y a un certain nombre d’obligations que les employeurs en Australie doivent remplir, comme verser des cotisations de retraite, appelées « superannuation » en Australie. Sachez donc que ce n’est pas parce que vous êtes en WHV ou PVT en Australie que vous devez forcément être exploités, ou encore payés au noir.

À la fin d’une mission, pensez à demander le formulaire pour le Tax Return.Puisque vous n’êtes pas australien et que vous ne résidez pas dans le pays, vous pourrez récupérer une partie des impôts que vous avez payés à votre retour en France. Même topo pour la superannuation, que vous pouvez débloquer si vous ne comptez pas passer la fin de vos jours en Australie !

La situation actuelle en Australie

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En Australie, le travail spécifique (« specified work »), par exemple dans l’industrie de l’horticulture, des récoltes ou dans les secteurs de la mine et de la construction, est le seul qui vous permettra d’obtenir un second visa (Liste complète sur le site de l’immigration).
Il faut aussi que vous ayez travaillé au moins 3 mois (88 jours) et que votre travail soit situé en campagne. Seul l’ACT (Australian Capital Territory) n’est pas éligible. Sinon, partout en Australie du Sud, en Tasmanie et dans le Northern Territory comptera pour un second visa.

Dans le New South Wales, les régions de Sydney, Newcastle, Central Coast et Wollongong sont exclues.

Dans le Victoria, uniquement Melbourne, dans le Western Australia, uniquement Perth, et dans le Queensland, Brisbane et la Gold Coast ne sont pas éligibles. C’est-à-dire que dans ces régions, même si vous travaillez pour une ferme, votre temps de travail ne devrait pas compter pour un second visa.

Sachez-le, trouver un travail à la ferme n’est pas si facile, outre le nombre impressionnant de WHV européen, il faut faire face à la concurrence des travailleurs asiatiques.

Quoi qu’il en soit, certains vous diront combien il est facile de trouver du travail en Australie et qu’il suffit de se bouger un peu. Oui et non. Ce n’est pas parce que certaines personnes trouvent facilement, que c’est gagné d’avance, le contraire existe aussi ! C’est simple, trouver un petit boulot en Australie, c’est aussi avoir de la chance, être au bon endroit au bon moment, rencontrer les bonnes personnes.

Un job de peintre, why not ?
Un job de peintre, why not ?

Il ne faut pas se le cacher, de plus en plus de backpackers ont du mal à trouver un travail et rentrent parfois les mains vides et plus tôt que prévu en France. Il faut se préparer à l’éventualité de ne pas trouver du travail tout de suite et donc prévoir un minimum d’argent avant de venir. Si vous venez avec 1000 euros, vous risquez fort de rester coincés à Sydney (ou ailleurs), là où il est à la fois difficile de trouver un travail tant la concurrence est rude, mais également là où vous dépensez le plus votre argent : en ville. Car, quand vous vous retrouvez dans la campagne pour travailler à la ferme ou dans une mine, les dépenses sont évidemment moins importantes.

Où trouver des petits boulots ?

Si vous cherchez du travail en ville, il y a bien sûr plein d’opportunités, « housekeeper » dans l’hôtellerie, serveur dans la restauration, vendeur (de nombreux magasins affichent les postes vacants sur leurs vitrines), car washer, réceptionniste, etc. Pour trouver, il y a bien sûr les offres sur Internet, mais ne vous limitez pas à ça, envoyez des mails, téléphonez, présentez-vous aux enseignes. Et même si votre anglais n’est pas très bon, lancez-vous, à force d’entraînement cela deviendra de plus en plus facile. Ne négligez pas le réseau, il se peut que les gens autour de vous, les autres voyageurs, les commerçants, connaissent quelqu’un ou aient entendu parler de quelque chose. En tout cas, en ville comme à la campagne, mieux vaut se lever tôt le matin !

Travailler dans la vente et la restauration
Travailler dans la vente et la restauration

À la campagne, de nombreux WHV se dirigent vers les fermes pour faire du fruitpicking, mais ce n’est pas la seule opportunité. Pensez aux caravan park perdus, aux stations-service à 200 km ou plus d’une ville, aux grandes exploitations agricoles (dites « stations ») isolées. Ces dernières sont souvent multifonctions (élevage, travaux manuels, conduite d’engins etc.).

Le problème reste de les trouver. Mais, si vous roulez au milieu de nulle part dans l’ouest ou le centre et que vous apercevez une maison, allez-y ! Ou une station-service, pareil ! Il y a moins de candidats, moins de possibilités, mais si c’est sur votre chemin, pourquoi pas ! Notre voyage nous a appris qu’il fallait chercher là où les autres ne cherchent pas : le bush. Et puis bosser au milieu de la terre rouge, sous la chaleur et la poussière, au milieu d’une nature impressionnante, c’est une expérience enrichissante, loin du mode de vie français. La vraie aventure australienne !

D’ailleurs, le secteur porteur en Australie, vers lequel les WHV commencent petit à petit à se tourner, et à raison, est la mine. Un conseil, essayez de trouver un job dans les mines, vous ne trouverez rien d’aussi bien rémunéré. C’est en effet le secteur qui paie le mieux en Australie en 2012, d’après le site d’emploi Mycareer. On s’imagine de prime abord qu’il faut des compétences pour travailler dans ce secteur, mais pas forcément. Même les petits boulots peuvent rapporter beaucoup d’argent dans les mines, en partie à cause de l’isolement. Mais puisque vous voyagez en Australie, en voiture, en lift ou en bus, que votre famille n’est pas ici, vous pouvez vous permettre de travailler loin de tout. Un backpacker allemand dont nous avons croisé la route a gagné 9 500 dollars en 7 semaines (avant le Tax Return) pour faire la vaisselle dans des baraquements de mineurs… Nourri et logé en plus !

Pourquoi ne pas travailler dans les mines ?
Pourquoi ne pas travailler dans les mines ?

Il y a tout de même quelques pièges à éviter, comme les auberges de jeunesse en relation avec les fermes, qui vous font miroiter un travail à la ferme si vous restez y dormir. Souvent, on est à la limite de l’arnaque, je ne peux que vous conseiller de chercher du travail par vous-même !

Quand vous démarchez, ne soyez pas trop honnête en clamant que vous n’êtes que de passage, même si c’est vrai, mieux vaut dire que l’on souhaite rester là plusieurs mois. Autre erreur : vouloir faire plein de petits boulots de deux semaines chacun. C’est une perte de temps de chercher du travail tous les mois. Si vous avez besoin d’argent, un conseil, cherchez un travail pour plusieurs mois et restez-y quelques temps, à moins bien sûr que celui-ci ne vous convienne pas du tout. Et enfin, ne restez pas les bras croisés à attendre que cela vous tombe dessus. La motivation sera votre meilleur alliée !

Travailler dans sa branche

Si vous venez en Australie avec un WHV mais que vous ne souhaitez pas faire les petits boulots « habituels », mais plutôt travailler dans votre branche, il vaut mieux pour vous que vous ayez déjà de l’expérience en France (ou ailleurs) ! Puisque vous n’avez pas un visa très avantageux, les emplois qualifiés sont plus difficiles à obtenir, surtout si vous sortez tout juste d’études. Ce n’est certes pas impossible, mais difficile.

Certains métiers demandent une équivalence australienne (reconnaissance des compétences, permis, enregistrement). Si vous avez l’intention de travailler dans votre profession en Australie, informez- vous. Cela vaut particulièrement pour les professions de la santé et le secteur de la construction. Vous devez contacter l’organisme concerné pour déterminer si vous en avez besoin. Certaines professions peuvent exiger des travailleurs d’effectuer des contrôles de santé et de caractère, tels que les emplois qui impliquent de travailler avec des enfants.

Si vous travaillez à mi-temps ou pas du tout, mais que vous souhaitez faire plus, il y a aussi la solution du volontariat. Si vous voulez vous investir dans certains secteurs, comme le social, le sport ou la culture, une expérience de volontariat peut vous mener à un travail. D’autant que certains postes impliquent des formations, gratuites. De plus, cela vous permettra d’ajouter des références à votre CV, très demandées en Australie. Si vous avez besoin d’argent, cette option n’est pas incompatible, car le bénévolat est rarement une activité à temps plein.

L’Australie n’est pas le pays le plus avare niveau immigration, peu importe d’où vous venez, du moment que vous êtes prêts à travailler. Mais, le pays s’accorde tout de même le droit de choisir son immigration, c’est-à-dire des personnes qualifiées, dans des secteurs en besoin. Sachez que si vous voulez rester, il n’y a bien sûr pas que le WHV, mais une multitude de visas de travail et l’un d’entre eux vous correspondra peut-être ! Lancez-vous sur le Skilled Visa si votre domaine est très demandé, le Sponsorship Visa si vous rencontrez un employeur en manque de main d’œuvre sur place.

Bonne chance !


Plus d’informations

Photos : Pierre Checa

Partenaire Australia-australie.com

11 Commentaires

  1. Merci pour l’article ! Je vais bientôt aller en Australie puisque mon mari est affecté dans ce pays pour une durée de 2 ans. Je ne sais pas quoi faire. Un ami m’a conseillé le travail en ligne. Elle m’a proposé de voir les offres et les conseils de Merci pour l’article ! Je vais bientôt aller en Australie puisque mon mari est affecté dans ce pays pour une durée de 2 ans. Je ne sais pas quoi faire. Un ami m’a conseillé le travail en ligne. Elle m’a proposé de voir les offres et les conseils de gagnersonargent.fr. J’ai vu que c’était très intéressant. Quel est votre avis ? . J’ai vu que c’était très intéressant. Quel est votre avis ?

  2. Travailler à la mine devient de plus en plus difficile du à la crise que connaît le secteur.
    Pour ce qui est de la restauration, il est assez facile de trouver du travail très facilement. J’ai trouvé du travail en une journée au début de l’été dans le victoria (décembre)
    Pour ceux qui vont partir, rassurer vous, si vous parlez un peu anglais, c’est tout à fait faisable même sans expérience…
    Concernant le travail en ferme, je conseillerais de voyager à l’inverse des saisons touristiques, le froid et la pluie (à relativiser, on a seulement eut 7 jours de gelée lors d’une année très froide d’après les Australiens) ne sont pas ce qu’on rêve de l’Australie, mais ça aide énormément pour faire les 3 mois d’une traite et ainsi être tranquille pour son second visa ! !

  3. Merci pour cet article!
    Un petit partage d’expérience, si vous permettez: un autre type d’emploi pour les francophones est de donner des cours de français. Même si vous n’avez pas le diplôme de FLE (français langue étrangère), les cours de conversation sont très demandés par les élèves en terminale (notamment en VCE pour Victoria = Victorian Certificate of Education) qui vont passer leur examen oral de français, surtout à l’approche de l’examen en octobre. Donc la saison la plus chaude pour ces cours est août-septembre. Essayez une annonce sur Gumtree.com.au.
    Pour les villes qui ont une Alliance française, vous pouvez tenter votre chance en venant parler aux responsables, ils ont parfois besoin de locuteurs natifs pas nécessairement diplômés en FLE, par exemple pour le concours Berthe Mouchette à Melbourne (juin-août).

    Sinon, je recommanderais un moteur de recherche local https://au.jora.com/%5B/url%5D où l’on peut chercher spécifiquement des emplois accessibles avec Working Holiday Visa:
    https://au.jora.com/j?q=working+holiday+OR+WHV&l=&button=&sp=search

    Bonne chance à tous !